Rupture de stock chez Cara Pils après l’assemblée générale de Nation

 

Walcourt. Un lieu symbolique choisi par le groupuscule néo-nazi Nation pour y tenir son assemblée générale annuelle, la… troisième cette année. La réunion a lieu dans la véranda du président de la section locale, Robert R., également secrétaire national, trésorier, webmaster, porte-parole et responsable de l’approvisionnement en boisson du parti. Trop de képis pour un seul individu ? Sans doute, car c’est justement sur ce dernier point que l’homme a failli.

Actualité oblige, les militants s’étaient pourtant déplacés en masse : douze crânes rasés, c’est deux fois plus que le nombre de membres en ordre de cotisation. Tout était presque parfait : les chaises pliantes étaient bien alignées, Mariette, l’épouse de Robert, avait préparé plus de 50 pains-boudins et une pile d’exemplaires de La Nouvelle Gazette de la semaine dernière était disposée à l’entrée, pour illustrer les propos des cadres du parti qui devaient se succéder à la tribune improvisée sur des bacs de bière et des seaux de mayonnaise.

Malheureusement, une heure à peine après l’arrivée des premiers militants, c’est le drame : Robert et Mariette n’avaient pas prévu assez de Cara Pils pour tout le monde. Robert s’explique :

« La consigne était claire : c’est 2 bacs par personne. Comme on s’attendait à avoir 20 participants, j’avais donc acheté 22 bacs. Logique, quoi. »

Mais voilà : les militants n’aiment pas débattre en état de déshydratation et il faut vite trouver une solution de secours. Robert part donc en expédition auprès des trois night-shops de cette petite bourgade de quelques milliers d’habitants et embarque dans son Opel Kadett tous les packs de canettes de Cara Pils qu’il peut trouver. En vain : le butin à peine présenté aux militants, celui-ci est vidé en quelques minutes. Il faut bien se rendre à l’évidence : les discours n’ont pas encore débuté et les gosiers commencent déjà à s’assécher. Et pourtant, c’est un fait : on est à court de Cara Pils. Les esprits s’échauffent, on parle d’annulation.

Ibrahim, tenancier du Walcourt Night, témoigne : « Ils sont revenus à plusieurs reprises, de plus en plus menaçants, en exigeant qu’on leur vende de la Cara Pils. Il me restait toutes sortes de bières : de la Maes, de la Jupiler et même de la Kriek. Mais ils voulaient absolument de la Cara Pils. Il fallait trouver une solution. Chez moi, la satisfaction du client passe avant tout. »

Robert ne nie pas quelques échauffourées à l’entrée du Walcourt Night : « C’est vrai qu’on était un peu nerveux, mais finalement le bougn… heu pardon… Mohammed… heu comment il s’appelle déjà ? … ah ouais Brahim là… il nous a trouvé une solution. Et tout est rentré dans l’ordre. »

Ibrahim explique : « Avec mon cousin Abdel, on a ramassé toutes les canettes vides qu’ils avaient laissées sur le trottoir et on a pissé dedans. Quand ils sont revenus une troisième fois, on leur a dit que c’était cadeau et ils sont repartis tout heureux, en chantant du Michel Sardou. Ils sont sortis avec le sourire et c’est ça qui compte pour nous. »

Du côté de Robert et Mariette, on évoque des souvenirs troubles de la fin de soirée. Aucun procès verbal de la réunion n’a pu être retrouvé. Il faudra donc tenir une nouvelle assemblée générale annuelle, qui sera donc la quatrième en trois mois. Et on jure que cette fois, on sera plus prévoyant. En tout cas, Ibrahim est dans les starting blocks. « Je leur prépare une cuvée spéciale », nous confie-t-il.

Francis La Brigade. 

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